vendredi 3 juillet 2009

Mousson

09:00
Vais-je avoir ne serait-ce qu'un seul jour sans pluie??
Aujourd'hui, l'interdiction d'avoir des relations sexuelles "contre nature", qui servait à la persécution des homosexuels par la police et la justice, a été levée. Les minorités sexuelles célèbrent l'évènement dans la rue, et quelques traditionalistes Hindou réagissent dans les journaux, comme Baba Ramdev: "These gays are sick people and should be sent to hospitals. Then they can marry or stay bachelors just like me". Profond.

20:00
Je rencontre Rahul dans je train, il m'emmène au temple ISKCON, où il est en retard pour la leçon de vie quotidienne par un des moine de ce temple de l'International Society for Krishna CONsciousness. le lieu est magnifique, d'une architecture Rajashtani très délicate et plutôt rare à Mumbai. Tous les moines ont fait des hautes études, souvent scientifiques. Avoir fait des hautes études est d'ailleurs une des conditions d'admission. Leur croyance en l'âme et la réincarnation se base sur des explications scientifiques, ou du moins répondent a des questions auxquelles la science ne peut pas répondre (ce que fait d'ailleurs la plupart des religions). Les cellules du corps humains meurent et se régenèrent en permanence. Toutes les cellules de notre corps sont différentes de ce qu'elles étaient sept ans auparavant. Notre corps est un corps neuf tous les sept ans. Dès lors, comment peux-t-on dire que nous sommes toujours la même personne, portant le même nom et ayant les même habitudes, envies, desirs etc.? A. C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada, principal prophète de la foi en Krishna, répond que le fait que l'on reste la même personne ne peut être dû qu'à la présence d'une âme immortelle, qui habite notre corps et se déplace dans lui. Cette même âme quittera notre corps à sa mort pour aller en habiter un autre.

Cette explication ne devient logique que si l'on comprend bien que la régénération cellulaire n'est pas un processus constant mais arrive soudainement. Les cellules ne meurent pas à un rythme différent selon les organes et parties du corps, mais elles meurent bien toutes à la fois tous les sept ans, pour renaître et nous offrir soudainement un corps nouveau.

jeudi 2 juillet 2009

Mumbai



13:00
Terrence, un Indien chelou qui me parle Francais au cybercafé, essaye de me parler de spiritualité et veux me faire visiter Dharavi, le "plus grand slum d'Asie", moyennant une petite somme d'argent. Je lui dit que non, ça ne m'intéresse pas de le payer pour aller observer la misère, que je me satisfait de rencontrer des gens de classe moyenne ou modeste, que ça aussi c'est la réalité. Ses arguments vont de "Tu restera ignorant si tu ne va pas voir la misère" (70% des Mumbaikar vivent dans des slums), "Je ne vais pas seulement te montrer des choses mais te faire vivre des expériences!" "Je prend pas les touristes pour des porte-monnaie sur pattes". Il me quittera sur ces mots "You will forever be the rotten apple!"

J'aimerai visiter Dharavi ou quelque autre endroit d'extrême pauvreté, mais je ne le ferais pas dans le cadre d'un échange d'argent avec un guide. Je tacherai plutôt de prendre contact avec des bénevoles qui travaillent dans des écoles là-bas ou y vont pour aider d'une manière ou d'une autre. L'échange sera beaucoup plus sincère et intéressant.

15:00
Station de Santa Cruz, coté Ouest
Je passe poser mon sac chez la famille Pillay, Victor, Leena (les parents) et Noel (le fils). Pour Noel je ressemble a un environementaliste, pantalon et casquette kaki, tee shirt noir, chaussures de trekking et sac à appareil photo.

21:00
Je rejoins une soiree du site d'hebergement de voyageurs www.couchsurfing.org dans un bar branché du quartier de Bandra, le Mocha Café. Le quartier est très sympa et animé, plutôt branché sans être complètement Jet Set. Je me fais héberger à Versova, plus au Nord mais toujours a l'Ouest de la ville, chez un écrivain de scénarios pour le cinéma, Vivek. Il connait Nandita Das!

mercredi 1 juillet 2009

Premier jour

MAHARASHTRA



Mumbai


03:00
Ma première dépense aura été le taxi pour l'hôtel. Rs 130 (J'ai partagé le total de Rs 400 avec deux Hollandais qui ont fait la route avec moi. On frappe à la porte de l'hôtel dans lequel j'ai réservé, mais personne ne nous ouvre. Parmi tous les gens qui dorment dans la rue, certains se réveillent pour nous aider à trouver un hôtel.

Première expérience du travail d'équipe à l'indienne, ils sont plusieurs a nous accompagner vers un autre hôtel, le "Volga II" (découvrirai-je le lendemain), pour y réveiller quelques autres Indiens qui à leurs tour nous accompagneront vers nos chambres, auxquelles nous accédons en enjambant deux ou trois types qui dorment là sur le sol. Chambre double pour eux et simple pour moi. Au moment de fermer la porte de ma chambre, c'est une douzaine d'Indiens qui me souhaitent "good night". A la douche.

07:30
La ville est surpeuplée, très sale et très bruyante. Je n'aime pas ce quartier, le centre historique de Mumbai. Gate of India, Taj Hotel... Le Taj Mahal Hotel a été l'une des cibles des attaques terroristes du 26 Novembre 2008 a Mumbai. Une rumeur veux que l'architecte de cet hôtel l'aurait pensé dans l'autre sens, avec la façade censée être à l'arrière et l'arrière du bâtiment en façade, voulant celle-ci de la plus grande beauté pour impressionner les Anglais arrivant par bateau. Mais une erreur de lecture des plans aurait conduit à cette méprise des constructeurs! En revenant d'Angleterre où il était en voyage pendant toute la construction du bâtiment, l'architecte n'aurait pas supporté le choc de voir son chef d'oeuvre construit a l'envers, et il se serait suicidé sur le coup. Il est en effet intriguant de constater que la face arrière du bâtiment est bien plus magnifique que l'avant, qui donne sur la baie.

15:00
Les hommes Indiens se tiennent par la main ou le petit doigt. Ils se baladent aussi avec la main tenant l'épaule de l'autre. Rien d'homo la dedans, ces contacts physiques sont simplement une marque d'amitié.

J'attire beaucoup l'attention, les gens me sollicitent en permanence, me posent des questions, me lancent des "What's up dude!", des "How are you" à tout bout de champ. Si j'engage la "conversation", la première question posée sera invariablement "Which country?", dont la réponse peux soit satisfaire mon interlocuteur, soit enclencher les questions suivantes "What's your name?", ou plus tard "Are you a student in India?".